Nous n’avons pas constaté dans le contexte d'actions de prévention du tabagisme au travail que les palliatifs nicotiniques aient la moindre utilité : ceux qui y ont recours - contre notre conseil - pour s'affranchir de leur dépendance au tabagisme augmentent le risque d’une rechute.
Nous ne vérifions pas - sur le terrain - que ces aides médicamenteuses accroissent les chances d’un arrêt durable.
Ceux parmi nous qui luttent contre le tabagisme ont le privilège de travailler sur un des phénomènes les plus intéressants. Mais nous en sommes arrivé à penser qu’il y a des moments où nous ne les regardons pas vraiment. Ou plutôt, on nous a appris à les regarder d’une certaine façon, en utilisant certains concepts et certaines méthodes, de telle sorte que parfois nous passons à côté de choses qui sont évidentes pour tout le monde, sauf pour les professionnels de santé.
En d’autres termes, en essayant de comprendre tel ou tel phénomène, nous avons tendance à regarder d’abord ce que les chercheurs précédents ont fait et pensé, de telle façon que nous ne puissions pas nous empêcher de regarder ces processus à travers leurs yeux. Pour dire cela en termes méthodologiques, nous faisons l’acquisition de cadres théoriques que nous ne pouvons plus ensuite abandonner afin de regarder le problème d’une nouvelle façon, pour voir comment les choses sont vraiment. Cela entraîne, pour reprendre le titre d’un article classique du fondateur de la psychologie états-unienne William James (1899), « une certaine cécité ».
Etayons cette observation avec deux exemples pris le champ de la prévention du tabagisme en entreprise :
- les modes d'établissement de la preuve,
- le fumeur ne se perçoit pas comme malade.
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