L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) publie son bilan "Tabac" de l’année 2011
Selon l'OFDT [1], les tentatives d’arrêt du tabagisme avec aides pharmaceutiques ou recours aux tabacologues ont progressé en 2011. Toutefois, la remontée de la prévalence tabagique quotidienne chez les adultes – passée de 27,3 % à 29,1 % entre 2005 et 2010 d’après le Baromètre santé 2010 – se trouve confirmée chez les jeunes : ils sont 31,5 % à fumer quotidiennement contre 28,9 % en 2008 d’après l’enquête ESCAPAD 2011.
Selon l'OFDT, cette apparente contradiction peut s’expliquer par de nouveaux comportements d’achat et de consommation :
- un report vers les produits du tabac autres que les cigarettes,
- des quantités individuelles fumées moindres,
- des achats sur Internet ou dans les pays étrangers, etc.
L'augmentation généralisée du nombre de fumeurs vient donc nuancer les résultats relativement encourageants qui ressortent de ce bilan.
Ventes de produits pharmaceutiques pour l’arrêt du tabac, en équivalent "nombre de patients traités"
Sur l’ensemble de l’année 2011, les ventes en pharmacie de produits d'aide à l'arrêt du tabagisme enregistrent une augmentation sensible par rapport à 2010 : on compte 2 223 606 mois de consommation (« patients traités ») contre 2 084 739 en 2010, soit 6,7 % d’augmentation.
En 2011, les palliatifs de nicotine, sous forme orale ou transdermique, continuent de voir leurs ventes progresser (+ 17,7 % au total), alors qu’en parallèle, les ventes des deux spécialités sur prescription médicale, Champix et Zyban, diminuent fortement (- 55,8 %).
La répartition des parts de marché évolue quelque peu par rapport à 2010, bien que les palliatifs nicotiniques sous forme orale restent le type de produit le plus acheté, suivis des timbres transdermiques. Plus précisément, les évolutions sont les suivantes :
- Les ventes de palliatifs sous forme orale augmentent de 11,3 % et leur part dans les ventes est en hausse, passant de 47 % en 2010 à 49 % en 2011.
- Les ventes de timbres transdermiques sont elles aussi en très nette hausse (+ 26 %), même si on reste loin du niveau de ventes record atteint en 2003, 1,5 fois plus élevé. Leur part de marché progresse également : ils représentent 44 % des ventes en 2011 contre 37 % en 2010.
- Les ventes de varénicline (marque Champix® de Pfizer), qui après deux années de baisse avaient connu un léger regain en 2010, chutent de 57,3 % en 2011 ; de fait, la part de ce produit pharmaceutique dans les ventes recule nettement, passant de 13,6 % à 5,4 %. Outre les possibles effets secondaires de la varénicline, l’interruption, fin juin, de son subventionnement par l’Assurance maladie dans le cadre du forfait de 50 € explique probablement cette désaffection.
- Les ventes de bupropion LP (marque Zyban® de GSK) continuent de reculer en 2011 : en équivalent « patients traités », la diminution atteint 33,7 % et la part de ce produit, déjà très faible depuis quelques années, s’établit maintenant à 0,6 % (contre 1 % en 2010).
- Bien qu'en diminution de 16,8 % par rapport à 2010, les inhaleurs sont aujourd’hui plus utilisés que le Zyban : ils représentent 19 229 « patients traités », soit 0,86 % du marché français (contre 1,1 % en 2010).
Une subvention des produits pharmaceutiques supérieure à 18 millions d'euros
Un système de prise en charge partielle (à hauteur de 50 € par an) des produits pharmaceutiques pour le sevrage tabagique a été mis en place par l’Assurance Maladie en février 2007. En 2011, 372 404 personnes ont bénéficié de ce dispositif contre 336 000 en 2010.
Dans cette période où les finances publiques et celles de l’Assurance Maladie sont contraintes à des économies, il est légitime de se demander si subventionner les gri-gris pharmaceutiques inutiles et inopérants à hauteur de plus de 18 millions d’euros relève d’une sage gestion.
Une observation bornée par le dogme de la tabacologie médicale
Ce qui nous semble notable dans ce bilan, c'est que l’OFDT estime mesurer les tentatives d’arrêt par les volumes de vente de produits pharmaceutiques, comme s’il s’agissait d’une pratique majoritaire et représentative. Malheureusement, moins de 10 % des cessations du tabagisme ont bénéficié d’une aide, et que celle-ci majore les chances d’abstinence durable est sérieusement contesté [2]. L'intérêt de ces statistiques est donc très relatif.
Le recours aux centres médicaux de tabacologie est lui aussi apprécié de façon tout à fait discutable. Comme le précise le rapport (en note n° 9) :
“Le nombre exact de consultations de tabacologie [médicale] en France est inconnu mais l’OFT [association Office de Prévention du Tabagisme] en recense 662 sur son site au 1er mars 2012.”
Ainsi un rapport officiel fait référence au recensement d'une association loi 1901 ne devant rendre compte à personne si ce n'est ses adhérents ou à ses sponsors : peu sérieux ;
- savoir quels centres sont actifs (fréquentés) ? Mystère.
- connaître leur utilité et leurs résultats ? Ce serait désobligeant…
La majorité des données collectées relèvent de (~ 125) services hospitaliers, financés par nos impôts pourtant.
Les diplomés de tabacologie salariés de l'Assistance Publique sont aux ordres de leur employeur (les agences de santé via les patrons d'établissement) et se gardent bien de clâmer la médiocrité de leur service. Il resterait à vérifier qu'il est bénéfique aux les fumeurs, vous ne croyez pas ?
Enfin, l'association OFT spécialisée dans la promotion des traitements pharmaceutiques traite par méprisance manifeste les milliers de prestataires d'aide à l'arrêt non soumis au diktat de la médecine : acupuncture, hypnose, formation, etc. Le corporatisme prévaut à l'intérêt des fumeurs et l'OFDT s'en fait le complice. Que ce soit involontaire ou délibéré (politique) ne change rien à l'affaire.
Référence
- Tabagisme et arrêt du tabac en 2011 (pdf, non daté)
L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies réunit chaque mois au sein d’un Tableau de bord Tabac plusieurs indicateurs clés. Destiné à l’origine aux pouvoirs publics désireux d’évaluer l’impact de leurs mesures, cet outil permet de suivre l’évolution d’une partie du phénomène du tabagisme en France, en complément des enquêtes ou autres statistiques produites dans le domaine. - Coming out du Pr Robert Molimard : « Patchs et gommes de nicotine ne servent à rien »
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Ah la clope! 6 ans qu'elle a disparu de mon quotidien. J'ai essayé les patchs, les gommes, le livre d'Allen Carr, au final j'ai réussi sans substitut et j'en suis très fière :)
Rédigé par : complements alimentaires | 27/03/2012 à 15:33
Isn't smoking path a medical procedure of reducing smoking rate? I think the overwhelming production and use of Pharma.Aids is encouraging smoking, in the long run!
Rédigé par : Volunteer travel program | 18/06/2012 à 07:34