L'École Normale Supérieure de la rue d'Ulm organise des conférences d'une journée, ouvertes au public, constituées d'un enchaînement rapide et nerveux de présentations de 15 minutes chacune, données par les meilleurs experts.
Voici donc en 15 minutes chrono (ou presque) la video sur les fondements neurobiologiques de l'addiction pharmacologique par Jean-Pol Tassin, professeur au Collège de France. Accrochez vos ceintures, ça décoiffe !
Jean-Pol Tassin - Neurobiologie de l'addiction
envoyé par Les Ernest. - Les dernières découvertes technologiques.
Jean-Pol Tassin insiste lourdement, et de façon répétée : la nicotine seule ne crée pas l'addiction, c'est le tabac le responsable. D'où la conclusion évidente : les palliatifs de nicotine sont incapables de soulager durablement le besoin de fumer. Quoi qu'en disent les firmes pharmaceutiques qui tentent de nous faire croire le contraire pour vous soulager... le portefeuille !
Notes
- Le nom Ernest est une plaisanterie récurrente à l'École Normale Supérieure. C'est le nom des poissons rouges de la cour centrale, qui furent baptisés ainsi du nom d'un ancien directeur (Ernest Bersot).
- Pour creuser un peu la question, lire cet article déjà ancien signé de Jean-Pol Tassin (La Recherche n° 306, février 1998) :
Drogues, plaisir et douleur
Du coup, j'ai une question : si le pauvre rat toxico ne fait toujours pas le lien ni un mois, ni un an après l'arrêt du produit responsable de sa toxicomanie, alors qu'en est-il de moi ?
J'avais bien remarqué que l'arrêt du tabac rend chez moi les émotions tout simplement ingérables (je dois faire partie de cette catégorie des vulnérables). Donc, comment fait le cerveau pour s'accommoder du manque, à la longue ????
S'il ne fait pas le lien, que fait-il alors pour retrouver un équilibre ? L'équilibre revient-il un jour ?
En fait, j'ai trouvé cette vidéo très intéressante...
Rédigé par : AG | 31/03/2010 à 22:37
Un non fumeur ne ressent pas de manque hein ? En fait, pour cesser de fumer, il suffit de cesser de fumer. Le manque disparait totalement en deux ou trois semaines, il ne peut plus créer d'envie de fumer. Cool si on le vit bien, qu'on n'arrête pas contraint et forcé. Heureusement on peut en sortir, et la plupart des fumeurs cessent avant de devenir malades.
L'empreinte de la dépendance reste à vie, en faiblissant lentement. Et comme le tabagisme crée une forte sensibilisation, on ne peut plus se permettre de refumer sauf à replonger de façon quasi assurée. Le tabagisme crée, très vite, une sensibilisation très forte, parfois une seule cigarette y suffit (cf. l'étude NICO au Canada auprès des jeunes).
Tassin parle de la dimension neurologique de la dépendance. Chez l'homme, il y a une tête, qui fabrique des désirs : cela permet de compenser l'envie, comprendre le besoin de fumer.
La question est alors : comment faire pour que l'envie d'être et rester non fumeur soit plus prégnante que l'envie de fumer ? Et sans effort de volonté particulier. Cela se traite avec des techniques de manipulation de l'inconscient, domaine qui échappe à la Science de scientifiques comme Tassin parce que la science veut/doit tout objectiver.
La mainmise de la médecine sur les aides à la cessation du tabagisme est une vraie catastrophe et une perte de chance : elle ne peut mettre en oeuvre une solution efficace, hors de son champ de compétence...
Rédigé par : Account Deleted | 01/04/2010 à 21:14
Excellente conférence de Jean Pol Tassin.
Pour les personnes intéressées, une autre conférence de tassin et disponible sur le site worldconference :
http://worldconf.eu/conferences/video-conference-addictions/93-quest-ce-quetre-addict/
Rédigé par : Christophe Gallien | 25/10/2010 à 11:25